Surmonter ma colère – Le témoignage d’Aaron Allen

  le 07 août, 2020

Je m’appelle Aaron Allen. Je suis un mari, un père de deux jeunes enfants et un auteur-compositeur-interprète de musique country.

J’ai toujours su que je voulais être musicien. La musique m’a sauvé la vie plus d’une fois.

J’avais 13 ans à l’époque. Il y avait un problème avec ma mère. J’ai couru dans la cuisine et j’ai vu ma mère allongée par terre. Elle était dans un état altéré que je ne pouvais pas comprendre.

Elle était extrêmement confuse. Ses yeux étaient ouverts, mais il semblait que la personne qui me regardait était une étrangère. Je me souviens encore du regard sur le visage de mon frère. C’était de la peur, comme je n’avais jamais vu auparavant. Je ne peux que supposer que mon expression était semblable à la sienne.

D’après mes souvenirs, mon frère, alors âgé de 8 ans, et notre voisin ont appelé l’ambulance. Les ambulanciers sont arrivés, puis ma mère fut transportée vers l’hôpital.

À l’hôpital, nous avons appris que ma mère avait été victime d’une crise épileptique. Elle avait une tumeur au cerveau. D’autres tests ont également démontré que ma mère avait cette tumeur depuis l’enfance. Elle a grandi en elle pendant toutes ces années, s’entremêlant à des zones vitales du cerveau, ce qui rendait son élimination impossible. À notre insu, les jours de ma mère étaient comptés.

Notre chirurgien était un médecin brillant du nom de Dr Del Maestro. Il avait annoncé à ma mère qu’elle avait un cancer en phase terminale. Malgré tout, je serai à tout jamais reconnaissant envers cet homme. Au fil des années, il a toujours été délicat, gentil et compatissant, et plusieurs fois il avait de l’espoir alors que je n’en avais pas du tout.

“Merci Dr Del Maestro”.

Même si nous savions que notre mère décèderait de cette maladie, elle vécut tout de même 16 ans avant que ce tueur silencieux ne réussisse à remporter son combat. Elle était forte et elle s’est battue pendant toutes ces années. Ces 16 années ont tout de même été très difficiles. Elle a dû subir une douzaine de chirurgies ou plus. C’était trop pour un jeune adolescent comme moi.

La tumeur se développait et les médecins enlèveraient ce qu’ils pouvaient. Ce n’était pas pour arrêter l’inévitable, seulement un effort pour lui faire gagner plus de temps. Après chaque opération, elle rentrait chez elle et se rétablissait, puis, il fallait tout recommencer.

Je n’ai pas bien pris la situation à l’époque. J’étais en colère contre la terre entière et je n’avais aucun moyen de me débarrasser de cette colère. Tout était embouteillé à l’intérieur. J’ai commencé à avoir des ennuis. À de nombreuses reprises, je me suis fait escorter à la maison par des policiers. En plus de ma carrière criminelle florissante, j’étais en train d’abandonner mes études secondaires. La seule chose dans la vie que j’aimais vraiment, c’était d’écrire des chansons. Je m’enfermais dans ma chambre, loin du monde et j’écrivais des centaines de chansons les unes après les autres. Des milliers de chansons.

Mes problèmes m’ont finalement rattrapé. À l’âge de 14 ans, je cumulais tellement d’accusations criminelles que j’ai dû choisir entre compléter quatre mois dans un centre de détention pour mineurs ou dans une institution pour jeunes avec divers problèmes, dans mon cas, des problèmes émotionnels.

J’ai choisi le C.P.R.I., une institution pour les jeunes située ici à London, en Ontario. Je mentionne le nom de ce centre parce que je suis très reconnaissant envers cet endroit. Les quatre mois que j’ai passés là-bas m’ont complètement transformé. C’est à ce moment que j’ai décidé de cesser mon comportement destructeur et d’adopter un style de vie plus positif.

Les années ont passé. Je n’ai plus eu de problèmes avec la police, mais j’étais toujours en colère. Cela a conduit à de nombreux conflits au sein de ma famille. Je savais que j’empirais les choses; il était temps pour moi de partir.

Je n’avais que 16, peut-être 17 à l’époque, mais je devais quitter la maison de mes parents, pour mon bien. Je regrette de ne pas avoir pris la relève et d’avoir laissé mon frère de 12 ans s’occuper de notre mère, mais j’ai senti à l’époque que c’était ma seule option. J’ai trouvé un emploi dans une usine pour payer les factures et mes études secondaires sont tombées à l’eau.

Bien que j’avais quitté la résidence familiale, j’étais toujours présent lors des chirurgies de ma mère. J’ai vu son état se détériorer au fil des ans. Même si ma mère et moi ne nous entendions pas la plupart du temps, je l’aimais beaucoup et voir son état se détériorer me détruisait.

J’avais 27 ans quand les choses ont vraiment mal tourné. Ma mère perdait l’usage du côté gauche de son corps. Avec l’accord de ma femme, j’ai quitté mon emploi et j’ai consacré mon temps à prendre soin de ma mère. Nous avons passé de très bons moments ensemble au cours des 7 mois qui ont suivi. Nous ne nous sommes pas chicanés. Nous avons rattrapé le temps perdu, nous avons pardonné et nous avons laissé le passé dans le passé.

Elle est décédée deux jours avant son 47e anniversaire.

À ce moment, j’ai eu l’impression que pendant toutes ces années passées, j’avais seulement existé. Il était temps pour moi de reprendre ma vie en main. J’avais laissé le cancer de ma mère me voler 16 années et je n’allais pas le laisser me voler une seconde de plus. Cela m’avait toujours dérangé de ne pas avoir terminé mes études, j’ai donc décidé de compléter mes études secondaires. Puis, j’ai poursuivi mes études afin d’obtenir mon diplôme universitaire.

Je suis finalement devenu coiffeur, puis tatoueur et chef d’entreprise. Ma passion avait toujours été la musique et 2019 allait être une année mémorable pour moi en musique. J’ai sorti deux singles dans le top 100 canadien à la radio country et mon nouveau disque Highway Mile a obtenu plus de 2,5 millions d’écoutes depuis sa sortie le 3 avril 2020. J’ai récemment signé un contrat avec Arts & Crafts Publishing. Je peux enfin gagner ma vie en tant qu’auteur-compositeur.

Mon rêve est enfin devenu réalité. Les événements et les expériences vécues façonnent notre vie. Je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui sans tout ce que j’ai vécu. Je suis heureux. Je suis reconnaissant d’être en vie.

 

Pour plus d’information sur Aaron, visitez son site internet.

Visionnez l’enregistrement de son concert #Soutienàlamaison ici.