Un anniversaire pas comme les autres
Jennifer Galati a célébré ses 12 ans le 11 septembre 2001, une date déjà gravée dans l’histoire. Trois jours plus tard, sa propre vie a basculé, faisant écho à cette journée mémorable : elle a découvert que ses symptômes chroniques étaient causés par une tumeur cérébrale.
« Je ressentais une sensation étrange dans ma jambe gauche », explique Jennifer, de Thunder Bay, en Ontario. « Je ne pouvais plus la bouger. Je me souviens d’une fois où j’étais au magasin avec mon père et ma sœur et où, tout à coup, je ne pouvais plus marcher. »
Ses parents l’ont emmenée chez le médecin, mais celui-ci a minimisé leurs inquiétudes, laissant entendre que Jennifer cherchait simplement à attirer l’attention.
« J’en suis arrivée au point où je ne disais plus rien à mes parents quand ça se produisait, car je pensais que personne ne me croyait », explique Jennifer.
Le jour où tout a changé
Le 14 septembre 2001, elle a été transportée d’urgence à l’hôpital après avoir été victime d’une crise d’épilepsie chez elle.
« Je suis arrivée aux urgences vers 7 heures du matin, mais ce n’est qu’à 16 heures que j’ai passé un scan » se souvient Jennifer. « Ensuite, le médecin est entré et a placé l’image sur la fenêtre. C’était vraiment rudimentaire comme méthode. »
La tumeur de Jennifer, qu’elle compare à une balle de golf, était clairement visible. Jennifer a été transportée par avion à l’hôpital SickKids de Toronto le lendemain, jour où elle aurait dû fêter son anniversaire avec ses amis.
« J’ai dû appeler tout le monde pour leur dire que ça n’aurait pas lieu », dit-elle.
À son âge, elle ne comprenait pas vraiment ce que signifiait le fait d’avoir une tumeur cérébrale.
« Je savais juste que ce n’était pas une bonne chose », dit-elle, « et je savais qu’on m’emmenait par avion dans un hôpital spécialisé. Je me suis dit : « D’accord, cool. » »
Enfin, le moment de célébrer
Quatre jours après sa crise d’épilepsie, Jennifer a subi une intervention chirurgicale de quatre heures et a appris que sa tumeur n’était pas maligne.
« Je me souviens m’être réveillée à l’unité de soins intensifs et avoir demandé un beigne », dit-elle en riant.
Jennifer a eu droit à son beigne, puis à une fête avec ses amis qui allait bien au-delà des souhaits d’anniversaire habituels.
Ses camarades de classe lui ont remis une carte de prompt rétablissement et ont rassemblé les exercices scolaires qu’elle avait manqués.
« Ils étaient contents de me voir » dit-elle. « Aujourd’hui encore, les gens me disent qu’ils se souviennent de mon séjour à l’hôpital et de ce qu’ils ont ressenti à ce moment-là. »
À son retour, l’année scolaire de Jennifer a été quelque peu différente, car elle a dû manquer les cours d’éducation physique et suivre des séances de physiothérapie. Elle devait aussi faire attention aux agrafes qui lui avaient été posées dans la tête après l’opération et qui ont été retirées en octobre.
Offrir son aide… et en recevoir

Elle a également remarqué une amélioration au niveau de sa jambe et a pu recommencer à jouer au soccer et à pratiquer les sports qu’elle aimait. Cependant, elle n’était pas encore complètement tirée d’affaire.
Jennifer ressentait des « sensations étranges » et une faiblesse dans la jambe, qui persistent encore aujourd’hui, à 36 ans. On a découvert qu’elle avait un kyste à l’endroit où se trouvait auparavant sa tumeur, ce qui affecte parfois ses mouvements.
Tous les trois ans, une IRM permet de surveiller l’évolution de la situation et, heureusement, aucune croissance n’a été constatée. Elle n’a pas subi d’autres crises d’épilepsie depuis celle qui l’a conduite à l’hôpital.
Elle travaille désormais dans le secteur de la santé en tant que préposée aux soins personnels auprès des personnes âgées.
« Je ne sais pas si c’est parce que j’ai eu une tumeur, dit-elle, mais je veux aider les autres. »
En dehors du travail, elle endosse aussi un autre rôle : celui de maman de sa fille âgée de six mois.
« Je suis reconnaissante de pouvoir marcher, conduire, m’occuper d’un enfant et avoir un emploi dans le domaine de la santé, où je prends soin des gens », dit-elle. « Je pense qu’il est important de recevoir du soutien quand on a vécu ce que j’ai vécu et de pouvoir compter sur des personnes qui prennent soin de vous. Parfois, on a besoin de sentir que tout va bien aller. »