Questions-réponses avec la Dr Emily Walker : Rapport d’incidence et de mortalité du Registre canadien des tumeurs cérébrales (2021)

  le 14 juin, 2021

La Fondation canadienne des tumeurs cérébrales est fière d’avoir financé le plus récent rapport d’incidence et de mortalité du Registre canadien des tumeurs cérébrales publié en début de 2021. Le rapport marque un tournant pour le registre, car il est le premier à contenir des données pancanadiennes sur les tumeurs cérébrales dans chaque province et territoire (à l’exception du Québec).

La Dr Emily Walker (qui a co-écrit le rapport avec la Dr Faith Davis et la Dr Yan Yuan) a partagé ses idées avec nous lors d’une entrevue. Pour accéder au site du registre, visitez le www.registretumeurscerebrales.ca.

 

FCTC : Les rapports précédents se sont concentrés sur les tumeurs cérébrales par leur nom. Ce nouveau rapport concerne les tumeurs du système nerveux central. Pouvez-vous expliquer la différence, et cela affecte-t-il spécifiquement les statistiques concernant les tumeurs cérébrales ?
Dr Walker : Tous les rapports contiennent des données sur les tumeurs du cerveau et d’autres parties du système nerveux central. Dans d’autres rapports, nous avons choisi d’abréger « tumeurs cérébrales et autres tumeurs du système nerveux central » en utilisant les termes « tumeurs cérébrales ». Nous avons décidé qu’une abréviation plus précise consistait à faire référence à « tumeurs du système nerveux central » dans ce rapport et dans tous les rapports suivants. Il n’y a aucune différence entre les rapports en ce qui concerne les types ou les sites de tumeurs inclus dans les estimations.

Selon vous, quel est le plus grand point à retenir pour le grand public de ce rapport ?
Nous pensons que le plus important à retenir ici, c’est que nous avons maintenant un résumé complet des tumeurs du système nerveux central chez les Canadiens. Nous espérons que cela peut être une ressource utile pour les personnes qui souhaitent en savoir plus sur la fréquence des différentes tumeurs dans l’ensemble et par sexe/groupe d’âge.

Selon vous, quel est le plus gros point à retenir pour les chercheurs ?
Le principal point à retenir pour notre communauté scientifique est que ce rapport est constitué d’estimations canadiennes complètes. Historiquement, nous nous sommes basés sur l’estimation des taux canadiens à l’aide de données provenant des États-Unis.
De plus, bien que nous soyons en mesure de fournir les estimations canadiennes les plus complètes à ce jour, des travaux supplémentaires sont nécessaires pour améliorer la qualité des données sous-jacentes. Nous pensons que ce rapport met bien en évidence ce que nous savons et ce que nous avons encore à faire sur ce front, ce qui, espérons-le, encouragera d’autres personnes du domaine à participer à des recherches visant à remédier aux limites des données.

Y a-t-il quelque chose qui vous a surpris dans les données, maintenant que le rapport couvre la majeure partie du pays ?
Non, les résultats étaient conformes à nos attentes sur la base de nos travaux antérieurs et sur notre compréhension des sources de données. Et je me dois d’ajouter que ne pas avoir de surprises est quelque chose de positif dans ce contexte.

Selon vous, quelles sont les plus grandes opportunités de recherche qui peuvent découler de ces données ?
La planification de la recherche sur les tumeurs du système nerveux central repose sur des informations précises du nombre de patients déjà atteints de ces tumeurs et la fréquence attendue des tumeurs au fil du temps. Étant donné la rareté de ces tumeurs et la taille de la population canadienne, le manque de données sur le nombre de patients dans l’ensemble et dans différentes régions géographiques a vraiment limité la quantité de recherche effectuée au Canada. Maintenant que les chercheurs peuvent planifier plus précisément des études basées sur des informations précises sur les taux attendus de ces tumeurs, nous espérons ainsi augmenter le nombre de recherches menées dans le contexte canadien.

L’incidence des tumeurs cérébrales est plus élevée dans certaines régions du pays que dans d’autres. Y a-t-il des études en cours pour déterminer la raison de ce phénomène?
Il y a deux choses cruciales à considérer lors de l’évaluation des données entre les provinces et les territoires à ce stade-ci. Premièrement, l’exhaustivité des données sur les tumeurs non malignes varie d’une province à l’autre, les taux les plus proches des taux attendus étant en Ontario. Cela signifie que le taux global de tumeurs du SNC est plus élevé en Ontario, ce qui est attribuable au taux de tumeurs non malignes dans cette province par rapport aux autres. À ce stade, nous interprétons cela comme signifiant que les autres provinces et territoires ont encore du travail à faire pour augmenter leur capture des tumeurs non malignes. Nous n’interprétons pas cela comme la preuve d’un taux réellement plus élevé de tumeurs non malignes en Ontario. En ce qui concerne les tumeurs malignes, il n’y a pas de différence substantielle entre les provinces et nous ne pouvons donc pas exclure une variation aléatoire pour le moment. Le taux de tumeurs malignes est cependant plus faible dans les Territoires, ce qui m’amène à la deuxième considération importante, à savoir que les méthodes que nous utilisons pour ajuster des choses comme l’âge sont sensibles à la taille de la population sous-jacente. Donc, encore une fois, nous ne pouvons pas exclure que cette différence soit un artefact de notre incapacité à contrôler adéquatement des facteurs comme l’âge, en raison de la petite taille de la population dans les territoires.

En résumé, nous ne pensons pas que les données du présent rapport fournissent des preuves solides de la variation des taux de tumeurs entre les provinces et les territoires. Notre interprétation de ces résultats est qu’ils reflètent les problèmes de qualité des données que nous nous efforçons de résoudre, en particulier en référence aux tumeurs non malignes. Cependant, d’autres chercheurs peuvent utiliser ces résultats comme justification pour explorer davantage le potentiel de véritables différences dans la fréquence des tumeurs du SNC entre les provinces et les territoires.