L’histoire d’André Jacques

  le 20 décembre, 2019

Le 2 juillet 2016, ma vie bascula pour moi, ma conjointe et mon fils: première crise d’épilepsie. Le 3 juillet le diagnostic est tombé… Présence d’une tumeur frontale de type glioblastome. Je suis opéré pour retirer la tumeur le 5 juillet. Je vous épargne les détails en salle d’urgence et soins intensifs, si ce n’est que pour remercier le personnel pour les excellents soins reçus. Je reçois le résultat de la biopsie dans la même semaine, il s’agit d’une tumeur maligne de grade IV.

Impossible de dormir pendant une semaine sans avoir les rideaux ouverts tellement j’étais angoissé. J’ai fait l’erreur de consulter le Dr Google, encore pire… Je débutai la radiothérapie et la chimio pendant 30 jours, pas le choix de suivre la musique. J’avais des effets secondaires modérés, si ce n’est une très grande fatigue et la perte de cheveux du coté droit de la tête, ainsi qu’une grande difficulté à ne rien faire, ce qui m’est imposé par la neurochirurgienne… Pas de piscine, pas de vélo, ni de sport, aucun alcool et plus le droit de conduire à cause de l’épilepsie. J’ai eu le sentiment de devenir soudainement un fardeau pour mon entourage (sentiment stupide après réflexion et l’aide de psychologue)…

À la mi-septembre, les forces reviennent et j’ai même quelques moments de joie. Le choc initial du diagnostic s’estompe. Je reprends mon vélo avec l’accord de mon oncologue et en compagnie presque constante d’un ange-gardien. Le moral remonte petit à petit et à mesure que les kilomètres s’accumulent au compteur, de même que les rencontres avec ma psy! Lors d’une consultation, elle me fait comprendre que ma vie n’est pas terminée et que malgré l’incertitude qui l’enrobe désormais, j’ai toujours le droit au BONHEUR. Révélation choc! La lumière se rallume dans ma tête et dans mon quotidien et les levers de soleil me remplissent de nouveau de joie.

Je retrouve mon sourire. La chimio se poursuit avec la prise mensuelle de Témodal et ce jusqu’en septembre 2017. Le 13 février 2017, je retrouve le droit de conduire, juste à temps pour aller acheter une carte de St-Valentin à ma blonde sans avoir à lui demander un « lift ». J’ai repris le boulot d’abord à 3 jours par semaine en novembre et à temps plein en avril 2017. J’ai découvert l’existence d’un merveilleux groupe de soutien virtuel auquel je participe le plus fidèlement possible (cliquez ici si vous désirez vous inscrire à ce groupe de soutien virtuel).

En ce qui concerne l’ennemi, la tumeur, elle a été enlevée à 95 %. Mon dernier IRM ne révèle aucun développement et je reste optimiste et réaliste. Pour ce qui est de l’avenir, j’ai appris à vivre avec l’ennemi et j’ai fais le choix de ne pas perdre une minute de ma vie à pleurer (je vous rassure, je ne vis pas dans le déni et il m’arrive parfois pleurer), voilà pourquoi je souris sur ma photo. Merci de m’avoir lu!

Mise à jour Avril 2018 : Lors de mon dernier IRM à la mi-mars 2018, aucune progression ni développement de la maladie. Pour la première fois, l’oncologue a prononcé le mot rémission. J’entends donc profiter au maximum de cette fenêtre de beau temps!

 

Mise à jour: M. Jacques est décédé en novembre 2020 entouré de ses proches. Nos plus sincères condoléances à toute la famille.