« Ma nouvelle mission de vie » : le témoignage d’Alexandre
Alexandre Faucher vit à Bromont, au Québec, qu’il décrit comme un « petit village » reconnu pour sa station de ski et ses sentiers de randonnée. Chaque jour, il commence et termine sa journée en promenant son chien, Merlot, tout en profitant de la beauté et de la tranquillité des lieux.
« C’est un miracle sur quatre pattes », dit Alexandre à propos de Merlot, qui a eu 15 ans à l’automne 2025.
Âgé de 49 ans, Alexandre dit qu’il a lui-même l’impression d’être un miracle.
Aux alentours du 15e anniversaire de Merlot, Alexandre a senti que quelque chose n’allait pas.
Son fils de cinq ans avait passé la journée chez la sœur d’Alexandre, tandis que Tiphaine, qui est maintenant son épouse, se préparait à aller passer une semaine auprès de sa famille en France. Alexandre était à l’extérieur, profitant de la douceur de cette journée d’automne, lorsque son fils est revenu à la maison.
« J’étais simplement en train de me détendre », raconte-t-il. « Les trois derniers mois avaient été très difficiles pour moi. Ma conjointe me disait qu’elle ne me reconnaissait plus. Je n’avais plus l’énergie que j’avais auparavant. Je dormais mal. J’étais tout le temps en colère. Même lorsque j’essayais de parler, ma voix était à peine audible. Je n’étais plus moi-même. »
Ce jour-là, Alexandre a également remarqué un changement dans son visage.
« Je me suis regardé dans le miroir et un côté de mon visage s’était affaissé, raconte-t-il. J’ai essayé de sourire, mais je n’y arrivais pas. Je pensais que c’était à cause du stress. »
À la recherche de réponses
Sa sœur l’a incité à aller à l’hôpital. D’abord réticent, Alexandre a finalement accepté, encouragé par sa sœur et Tiphaine.
« J’ai couru neuf marathons en cinq ans », raconte Alexandre. « J’ai aussi participé à trois compétitions Ironman. Je pensais être en pleine forme, mais j’étais fatigué, alors je me suis dit : « Si ça peut nous aider à obtenir des réponses plus rapidement, alors allons-y. » »
Après deux heures passées à l’urgence, Alexandre a subi un scan (tomodensitométrie).
Le moment où il a reçu les résultats est resté gravé dans sa mémoire.
« Il était environ 22 heures, mais pour moi, il aurait tout aussi bien pu être 4 heures du matin », raconte-t-il. « Nous étions assis dans une petite salle avec une petite fenêtre et une petite lampe. La médecin est entrée avec le scan de mon cerveau et m’a dit : « Regardez ça. » Il y avait une masse de la taille d’une balle de tennis. Elle a ajouté : « C’est soit un cancer, soit une métastase. Avez-vous des questions? » »
La nouvelle a été d’autant plus difficile à encaisser que sa vie semblait enfin prendre la direction qu’il espérait. Alexandre avait reçu une offre d’achat pour sa maison, qui était sur le marché depuis un an, et son mariage devait avoir lieu un mois plus tard.
« J’ai toujours été quelqu’un de très optimiste, raconte Alexandre, mais pour la première fois de ma vie, je n’arrivais plus à voir le verre à moitié plein. Je ne savais plus quoi penser. »
De la gratitude au cœur de l’épreuve
Comme son transfert vers un autre hôpital était prévu pour le lendemain matin, Alexandre a passé la nuit à l’hôpital pendant que Tiphaine est rentrée à la maison retrouver leur fils.
Tout au long de cette épreuve, Alexandre affirme que Tiphaine a été une source constante de force pour lui et sa famille.
« Elle était comme un pilier », dit-il. « Même lorsque la situation était difficile, elle gardait la conviction que nous allions nous en sortir. »
Il décrit l’infirmière qui s’est occupée de lui cette nuit-là comme « le premier ange » qu’il ait rencontré. Le chauffeur du véhicule de transport médical qui l’a conduit à l’hôpital suivant, alors qu’aucune ambulance n’était disponible, a été le deuxième.
« Il m’a fait rire », raconte Alexandre. « J’étais reconnaissant qu’il soit là. »
Au second hôpital, Alexandre a rencontré son neurochirurgien et a passé une IRM.
« J’avais des fils partout sur le corps », raconte-t-il. « J’avais l’impression d’être enchaîné – pas seulement aux fils, mais aussi à mes pensées. »
Pour se changer les idées, il a demandé à Tiphaine de lui apporter des livres. Grand amateur de tennis, une passion que lui avait transmise son père aujourd’hui décédé, Alexandre a été heureux de voir qu’elle avait choisi une biographie du grand joueur de tennis Andre Agassi.
Elle lui a aussi apporté des livres sur la nutrition et le jeûne, des sujets qui prendraient plus tard une signification toute particulière alors qu’il apprenait à composer avec son diagnostic.
L’intervention s’est bien déroulée et la majeure partie de la tumeur a pu être retirée. Une semaine plus tard, Alexandre a reçu un diagnostic de glioblastome de grade 4.
« Je ne savais même pas ce que c’était », raconte Alexandre. On m’a dit qu’il me restait entre huit et douze mois à vivre. Et encore une fois, on m’a demandé : « Avez-vous des questions? » »
Regarder vers l’avenir

Alexandre a ensuite suivi six semaines de chimiothérapie et de radiothérapie, tout en continuant à pr
éparer son mariage, qui devait avoir lieu en octobre 2025.
Il a recommencé la chimiothérapie en janvier 2026 et affirme que ses examens d’imagerie n’ont révélé aucune trace de la maladie depuis.
En parallèle de ses traitements médicaux, Alexandre explique avoir apporté certains changements à ses habitudes de vie qui lui semblaient appropriés, notamment en intégrant des périodes de jeûne et en modifiant son alimentation. Il précise que Tiphaine continue de jouer un rôle important : elle prépare les repas, adapte les recettes et, parfois, jeûne avec lui pour le soutenir.
Il estime que son état d’esprit a joué un rôle tout aussi important.
Au fil de ses échanges avec d’autres personnes atteintes d’un cancer, il a constaté qu’il s’agissait d’un point commun.
« L’une des choses qui m’a vraiment marqué, dit-il, c’est de voir à quel point les réactions varient d’une personne à l’autre lorsqu’on leur annonce un diagnostic. »
Il se souvient notamment d’une histoire que lui a racontée Merton Briggs, un patient américain avec qui il est entré en contact et qui a abordé son diagnostic avec détermination et optimisme.
« Pour moi, cela a renforcé l’idée que la manière dont nous réagissons a son importance », explique Alexandre. « Je ne considérais pas cette issue comme la seule possibilité. J’ai choisi de croire qu’il pouvait y avoir une autre voie à suivre. »
Cette expérience a également renforcé sa foi, qu’il décrit comme une source essentielle de force et de perspective.
Aujourd’hui, Alexandre souhaite transmettre à d’autres ce qu’il a appris au fil de son parcours. Il écrit actuellement un livre relatant son expérience, intitulé God’s Prescription, tout en donnant des conférences et en s’impliquant bénévolement auprès de sa communauté.
« Je crois sincèrement, du fond du cœur, que toute cette expérience a été un cadeau », raconte-t-il.
Se décrivant lui-même comme quelqu’un d’intense et souvent en quête de direction dans sa jeunesse, Alexandre affirme qu’il aborde désormais la vie différemment.
« J’ai l’impression de canaliser mon énergie comme il faut maintenant », dit-il. « Je suis une bonne personne. Je suis une personne aimante. Je suis une personne attentionnée. Je suis une personne compatissante. Je suis ici pour donner et recevoir de l’amour. Je suis là pour aider tous ceux que je peux. Et c’est ma nouvelle mission dans la vie. »
