L’histoire d’Anna

  le 01 juin, 2020

Je suis le genre de personne qui persévère peu importe la situation, comme si j’avais des super pouvoirs. J’étais toujours au-dessus de tout.

Et il y a plusieurs raisons pour lesquelles ma tumeur cérébrale n’a pas été découverte plus tôt, malgré plus de 10 mois de symptômes :

J’étais une maman de jeunes enfants très occupée.

Nous venions de déménager dans une nouvelle ville et je dévouais toutes mes énergies aux enfants et à leur nouvelle école.

J’étais très stressée pour le travail, mais je ne voulais surtout pas démontrer mes faiblesses.

Je mets toujours les autres avant moi.

Toutefois, lorsque le médecin m’a dit: « vous avez une tumeur au cerveau et nous devons opérer », ma vie a changé pour toujours. C’était en 2017. Maintenant, je vois la vie sous un tout autre angle. En partageant mon histoire, j’espère aider les autres.

Pendant longtemps, j’ai ignoré mes symptômes.

Pendant huit mois, j’ai eu des migraines sévères et les analgésiques en vente libre ne soulageaient la douleur que durant une courte période de temps. La douleur était très intense.

C’était débilitant.

Six mois avant la découverte de la tumeur, j’ai été admise à l’hôpital de Castlegar durant un weekend de camping. Je souffrais de migraines intenses, j’avais des pertes d’équilibre et des vomissements. Les médecins m’ont administré un soluté par intraveineuse pour la déshydratation et de la morphine pour la douleur, puis j’ai été renvoyée chez moi.

À cette époque, ma lèvre supérieure et mon nez ont commencé à s’engourdir occasionnellement. J’ai simplement pensé que c’était bizarre et j’ai ignoré le tout.

Cependant, j’ai commencé à avoir des sauts d’humeur inexpliqués et à oublier des choses simples. Je n’étais plus en mesure de traiter les informations au travail, ce que je faisais normalement facilement.

 

Victoria Brain Tumour Walk ambassador Anna Junge

Quatre mois avant mon diagnostic, je n’arrivais plus à fonctionner correctement lors de réunions, de présentations ou autres événements au travail.

Trois mois avant mon diagnostic, je me suis rendue à différentes cliniques d’urgence où j’ai consulté plusieurs docteurs. On me donnait des anti-douleurs pour les migraines qui me faisaient sentir encore plus mal.

Durant une autre visite, j’ai reçu un diagnostic de vertiges et on m’a conseillé de faire des exercices de physiothérapie trois fois par jour. Je sentais que je grinçais trop des dents, mais encore une fois, le dentiste ne s’est douté de rien.

Tous ces traitements embrouillaient encore plus mon cerveau.

Je les détestais car ils me faisaient sentir encore pire.

Mon armoire à pharmacie débordait de différents types de médicaments contre la douleur qui ne fonctionnaient pas. Je ne savais plus quoi faire. Pendant les promenades en famille dans la nature, je devais m’asseoir dans la voiture car je ne me sentais pas stable et j’étais incapable de marcher.

Deux mois avant de me retrouver à l’urgence, j’ai eu un accident de voiture et un petit accrochage dans un stationnement. Je ne m’en rendais pas compte, mais ma vision périphérique gauche se détériorait. J’ai décidé d’arrêter de conduire avant de blesser quelqu’un ou moi-même. Je me sentais tellement effrayée…

Quelques jours avant de me retrouver à l’urgence, j’ai consulté mon médecin de famille à Vancouver qui m’a prescrit un scan ainsi qu’un congé maladie d’un mois pour faire face au stress et à la fatigue que je ressentais.

À cette époque, j’ai commencé à avoir des problèmes d’équilibre et je tombais constamment.

La nuit précédent mon arrivée aux urgences, j’avais passé tout le weekend au lit. La douleur était très intense et j’étais très malade. J’avais l’impression que ma tête allait exploser. Je n’étais pas capable de me lever toute seule et je vomissais.

En novembre 2017, je me suis retrouvée aux urgences et cette nuit-là, ils ont découvert une masse de la taille de mon poing dans mon lobe frontal droit. Une semaine plus tard, je subissais une craniotomie, qui a révélé que j’avais un cancer du cerveau, un glioblastome.

On m’a dit qu’il me restait 12 mois à vivre, car c’est le pire cancer et qu’il n’existe aucun remède.

 

Ça a été tellement dévastateur d’entendre ces mots. Je ne pouvais pas imaginer laisser mon mari élever nos filles seul et que les filles grandissent sans maman. Ce n’était pas dans nos plans.

C’est fou de repenser que je n’avais jamais entendu parler de tumeurs cérébrales ou de cancer du cerveau jusqu’à ce que j’ai reçu ce diagnostic.

Dans les années qui ont suivi mon diagnostic, j’ai subi une craniotomie, une radiothérapie et une chimio. Lorsque j’ai eu une récidive en juin 2018, il a été décidé d’arrêter la chimio et de subir une deuxième craniotomie.

Depuis, j’essais de vivre ma vie dans le bonheur et la joie.

Chaque jour, je compte mes bénédictions.

Je suis tellement reconnaissante de pouvoir assister à ma troisième Marche des tumeurs cérébrales à Victoria le 24 mai 2020. J’ai consacré cette dernière année à la guérison, aux soins personnels, à la vie et à essayer d’aider les autres.

Depuis, j’ai essayé de nombreuses formes d’exercices et de traitements, du bateau dragon à la réflexologie et au massage. Tout n’a pas fonctionné, mais la réflexologie, le massage, le yoga, la méditation et la marche semblent être les meilleurs exercices pour moi.

Je réalise que j’ai vécu beaucoup de traumatismes physiques, mentaux et émotionnels au cours des cinq dernières années. J’ai eu une hystérectomie en 2015, un cancer du sein en 2016, un cancer du cerveau en 2017, deux craniotomies et un traitement en 2018. Je ne suis pas la même personne et j’accepte qu’il y ait des limites à tout ce que je fais. Je sais me reposer lorsque je suis fatiguée ou que je ne me sens pas bien. Je suis beaucoup plus indulgente avec moi-même.

La sensibilisation est si importante pour aider les gens à défendre leurs propres intérêts.

Dites-le à vos amis, à votre famille et à quiconque écoutera. Au début, j’avais tellement peur que j’ai gardé ma maladie dans un cercle restreint d’amis et de famille. Plus maintenant! J’en parle à qui veut l’entendre!

J’ai la chance de dépasser les statistiques et le pronostic initial de glioblastome. J’ai de la difficulté à traiter et à retenir les informations, j’ai des changements d’humeur et beaucoup de fatigue. Je ne suis pas complètement guérie, mais j’espère que je continuerai de progresser.

Victoria Brain Tumour Walk ambassador Anna Junge

Je me concentre sur ma famille et sur moi-même. J’essaie de vivre la vie avec un but, de la joie et du sens. Je continue à mettre mes efforts dans la guérison de l’esprit, du corps et du cœur. Je suis plus à l’écoute des choses importantes. Je suis bénie pour chaque jour qui m’est donné et je chéris chacune de ces journées.

J’ai la chance d’avoir une famille et des amis qui m’ont donné beaucoup d’amour, d’encouragement et de soutien. Mon mari a été un aidant incroyable et m’a soutenu tous les jours. Tu es mon roc.

Cela a été difficile pour nous deux, mais, nous nous sommes rapprochés avec les années, et nous savons combien la vie est précieuse. Je suis reconnaissante pour mon équipe médicale, les traitements, les groupes de soutien et les soins que j’ai reçus.

Mais il reste encore beaucoup de travail à faire.

Nous pouvons aider ceux qui n’ont pas encore été diagnostiqués et informer les médecins afin qu’ils sachent quels symptômes rechercher.

Nous pouvons mieux soutenir les patients et les soignants.

Nous pouvons mettre fin aux tumeurs cérébrales.

Mon frère Domingo m’encourage et me soutient avec un défi, il veut amasser 50 000 $ cette année pour la Marche des tumeurs cérébrales de Victoria le 24 mai 2020. Aidez-nous à y arriver!

La Fondation canadienne des tumeurs cérébrales est fière d’avoir Anna comme ambassadrice à Victoria pour notre Marche des tumeurs cérébrales virtuelle 2020. Son histoire de persévérance et de positivité incarne l’espoir et le courage des membres de la communauté des tumeurs cérébrales.