Prenez la plume!

  le 03 juin, 2020

Jour « je-ne-sais-plus-combien » du confinement, en voie de déconfinement au Québec, un peu moins vite à Montréal qu’ailleurs au Québec.

Chaque jour, de nouvelles mesures sont décidées pour revenir le plus possible à la vie dite « normale », celle « d’avant ».

Nous espérons tous et toutes sortir peu à peu du cauchemar de cette pandémie de la Covid-19…  Mais certaines craintes persistent, et la prudence reste de mise. Pas facile de reprendre le cours de nos vies, de recommencer à sortir lorsque sortir de chez soi était tout à fait décommandé, pour nous-même ou pour notre entourage, jusqu’à très récemment. Et puis, il reste la menace potentielle d’une deuxième vague… L’inquiétude commence à monter en ce qui a trait à l’économie. Les États-Unis, nos voisins, traversent une grave crise. D’autres soucis se profilent à l’horizon.

Autant dire que l’anxiété que certains et certaines ont pu ressentir au cours des derniers mois est probablement encore très présente, et elle est, potentiellement, encore un peu plus vive au sein de notre communauté, touché.e.s que nous sommes, de près ou de loin, par une tumeur cérébrale.

Alors que l’été vient tout juste de nous rendre une visite impromptue avant son arrivée officielle dans quelques jours, pourquoi ne pas entreprendre une nouvelle activité pour mieux gérer notre stress et, c’est audacieux je le sais, peut-être voir aussi les choses un peu différemment et essayer de les vivre mieux !

Aujourd’hui, je vous invite donc à envisager l’idée de lancer votre journal personnel, aussi appelé journal intime !

Mais un journal personnel pour quoi faire ? Eh bien, cela dépendra de vous !

On peut tenir un journal intime pour faire le point sur sa journée, pour consigner ses joies, ses succès, ses doutes, ses peines, ses questionnements, ses inquiétudes, ses regrets, ses projets, ses souvenirs. Pour prendre du recul, pour se libérer, pour mieux réaliser ce que l’on vit, pour pouvoir s’en souvenir plus tard. Un journal intime peut aussi prendre la forme d’un journal de gratitude où l’on écrit tout ce que l’on vit de positif pour en profiter encore plus et cultiver une forme de positivité !

Quelle que soit l’orientation que vous souhaitez donner à votre journal, il est essentiel que l’empathie et la compassion y prédominent. L’empathie et la compassion envers vous-même. Empruntez le ton que vous auriez si vous parliez à un.e. ami.e. Un ton bienveillant.

C’est une psychologue qui, un jour, m’a suggéré de mettre par écrit ce qui me perturbait, m’attristait, ou m’inquiétait. Très franchement, au départ, je ne me voyais pas le faire. Et puis, un jour, un jour sans doute plus difficile que les autres, j’y ai pensé, et je m’y suis mise. À ma grande surprise, au bout de quelques semaines, j’ai commencé à réaliser le pouvoir bénéfique que l’écriture avait sur moi. Je me suis sentie plus apaisée. Vraiment. Notez bien que ce n’était pas un journal que je tenais au quotidien puisque je n’y écrivais que lorsque mes émotions devenaient trop lourdes à porter. Mais, si je vous en parle, c’est pour vous donner un exemple concret des bienfaits de l’écriture. L’écriture pour soi. Rien que pour soi.

Et cela n’a rien d’étonnant.

Si les bienfaits de la méditation ne font plus de doute aujourd’hui, selon Stéphanie Assante, auteure de La Vie dont vous êtes le héros (Éditions Mango), écrire dans son journal reviendrait à méditer, le processus de l’écriture permettant de « débrancher le cerveau gauche rationnel pour accéder à un soi plus authentique, créatif, émotionnel, inconscient ».

Le journal intime est, de plus, tellement dans l’air du temps qu’il a même son Festival, créé à Paris en 2018, à l’initiative de Philippe Lejeune, chercheur et auteur d’une quinzaine d’ouvrages sur le sujet. Selon lui, « tenir un journal est devenu, pour un individu, une manière possible de vivre ou d’accompagner un moment de sa vie ».

Comme on peut le lire sur le site Web du Festival du journal intime, « Le journal intime n’est, par essence, pas supposé être lu par d’autres. ». Alors, surtout, ne commencez pas à vous dire que vous n’êtes pas capable d’écrire ! Personne n’étant censé lire votre journal, personne ne viendra critiquer votre orthographe, ni votre grammaire, ni votre style ! Nul besoin d’avoir le talent d’un Michel Tremblay ou d’une Marie Laberge ! Le journal intime se veut être un espace intime précisément, un espace de totale liberté ! Il vous est exclusivement réservé. La seule règle y est l’authenticité.

Et vous hésitez encore ?

Techniquement, il peut prendre bien des formes.

Vous pouvez choisir d’écrire comme si vous vous parliez juste à vous-même ou comme si vous parliez tout.e seul.e à voix haute. Vous pouvez décider d’imaginer un dialogue avec quelqu’un, tout simplement comme si vous parliez à quelqu’un. Le principal étant de vous sentir à l’aise. Vous pourrez alors vous sentir en sécurité, avec quasiment la sensation de parler à un.e confident.e.

Écrire avec un stylo sur du papier, ou utiliser un ordinateur et taper sur un clavier ? Personnellement, je tape très vite, comme je pense, donc je suis une grande adepte du clavier ! Mais lorsque j’ai décidé d’écrire pour me libérer de mes émotions, j’ai opté pour le bon vieux stylo et le papier ! Je me suis mise à écrire dans un cahier à spirales, et j’ai trouvé l’endroit idéal où le mettre à l’abri des regards indiscrets 😉 Vous pouvez choisir un cahier de notes à 2 dollars ou vous gâter avec un beau carnet comme on peut en trouver dans les boutiques spécialisées. Ou bien encore recourir à de simples feuilles volantes et au crayon de bois. Là encore, il n’y a de règles que celles que vous vous fixerez librement.

Certain.e.s vous diront de vous y mettre le matin, ou le soir, ou l’après-midi. Je vous dirai de choisir un moment de la journée où vous savez que vous serez disponible pour le faire, au calme, un moment où vous aurez non seulement le temps mais aussi le goût de le faire. Prenez le temps de bien y réfléchir, et fixez-vous une heure. Ensuite, tenez-vous à cet horaire le plus possible pour en faire une habitude.

Vous êtes totalement réfractaire à l’écriture ? Envisagez en journal en dessins ou en photos, voire en vidéos ! Il existe, justement, des applications qui permettent de le faire comme Everyday pour iPhone, ou bien 1 Second Everyday. Explorez cette avenue sur votre téléphone intelligent, et laissez libre cours à votre inventivité !

Comme pour n’importe quelle nouvelle activité, le plus dur est de commencer, puis de persévérer jusqu’à ce qu’elle devienne une habitude. Alors, déterminez la bonne heure et le bon endroit, trouvez les outils qui vous conviennent, prenez une grande respiration, et lancez-vous !

On s’en reparle ! D’ici là, continuez de prendre grand soin de vous !

Et, n’oubliez pas : #VousNêtesPasSeul.e !

 

 

Michèle Tirlemont

Survivante et animatrice du groupe de soutien virtuel francophone