Sophie Lyne Zaretto – Ile-des-Soeurs, QC

  le 07 juin, 2022

Comment j’ai mis fin à ma relation toxique avec un méningiome!

J’ai reçu un diagnostic de tumeur cérébrale au mois d’août 2021. On m’a diagnostiquée un méningiome : un type de tumeur qui se développe dans les méninges c’est-à-dire entre le crâne et le cerveau. Dans mon cas, la chirurgie a confirmé que la tumeur était non maligne.

Je ressentais des symptômes inhabituels depuis quelques mois, tels des céphalées et étourdissements mais ils étaient attribués à un surmenage et à la préménopause.

Coïncidences

Mon père avait été diagnostiqué d’un glioblastome multiforme (GBM) en juillet 2010 pour en décéder trois mois plus tard à l’âge de 67 ans. Lui qui était en excellente forme, je l’ai vu rapidement décliner malgré les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie qu’on lui avait administrés.

Les tumeurs cérébrales n’étant pas héréditaires, j’estimais très faible la probabilité d’avoir un tel diagnostic. J’avais une bonne alimentation, je faisais de l’exercice quotidiennement, j’essayais d’avoir un bon sommeil et je visitais annuellement mon médecin de famille pour un bilan sanguin et examens de routine et ceux-ci ne présentaient rien d’anormal.

Le 27 août 2021, alors que mes étourdissements étaient de plus en plus présents, j’ai décidé de me rendre à l’urgence d’un hôpital de la région de Montréal. Un CT scan a permis d’établir un diagnostic: j’avais une tumeur cérébrale à la base du lobe frontal! Quel choc : je ne pouvais croire que cela arrivait à moi!

Les rencontres qui ont suivi avec le personnel médical m’ont permis de mieux comprendre mon diagnostic et les différentes possibilités de traitement qui s’offraient à moi. On m’a expliquée que le méningiome était à croissance très lente, probablement bénin et qu’on devait le surveiller périodiquement. Ce type de tumeur était donc très différent du GBM qui avait pris la vie de mon père 11 ans auparavant.

Relation toxique

La relation que j’avais avec mon méningiome était malsaine. La tristesse, les émotions négatives et l’anxiété que je vivais face à mon diagnostic m’indiquaient que je devais faire des choix difficiles pour améliorer ma condition physique et mentale. J’avais identifié la cause de mes maux et je devais maintenant la confronter.

Après avoir contacté la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales et obtenu la liste des ressources disponibles, j’ai effectué des recherches et j’ai échangé avec d’autres personnes ayant vécu avec une situation similaire. Plusieurs de ces personnes me suggéraient de trouver un neurochirurgien spécialisé dans les chirurgies à la base du crâne. C’est ce que j’ai fait.

Le 17 mars 2022 est une date qui restera marquée à vie dans ma mémoire. C’est la date où j’ai subi une craniotomie bi-frontale à l’Hôpital Général Juif de Montréal. La chirurgie a été d’une durée de près de neuf heures. Grâce au talent hors pair du neurochirurgien, ma tumeur cérébrale a pu être enlevée. Pour moi, qui craignais les hôpitaux et les chirurgies, j’ai trouvé la force et le courage de passer au travers et cela en faisant confiance au neurochirurgien qui m’a opérée et en ayant le support de mon conjoint, de ma mère ainsi que de mon réseau d’amis.

Le mantra qui m’avait été partagé par une amie ayant eu une chirurgie identique à la mienne était celle de Michael Rosen : La chasse à l’ours :

“On ne peut pas passer dessus,

On ne peut pas passer dessous,

Allons-y,

Il n’y a plus qu’à l’affronter »

C’est ce mantra que je me suis répétée plusieurs fois afin de m’aider à créer le calme en moi et de développer ma confiance afin de me préparer à la chirurgie et ainsi mettre fin à la relation toxique avec mon méningiome.

Récupérer et profiter de la vie

Je me considère extrêmement chanceuse de m’en être sortie sans séquelles et de pouvoir reprendre une vie normale. Cette épreuve m’a fait réaliser à quel point la vie est fragile et que tout peut basculer au moment où on ne s’y attend pas.

Je me sens maintenant libérée. Cette épreuve m’a fait grandir, m’a donnée plus de force et m’a amenée à profiter de la vie simplement.

Sophie Lyne Zaretto
Ile-des-Soeurs, Québec