Le calme dans la tempête – Maintenir la discipline à la maison lorsque votre enfant est malade

  le 02 mars, 2021

Il est compréhensible que la plupart des parents rechignent à l’idée de discipliner un enfant atteint d’une maladie grave et potentiellement mortelle.

Nous détestons voir nos enfants malades et/ou souffrants et notre instinct nous dit peut-être de jeter les règles par la fenêtre et de donner à nos enfants tout ce qu’ils peuvent vouloir et avoir besoin pendant cette période. Mais la vérité est que les enfants s’épanouissent et se sentent en sécurité lorsqu’on leur offre la cohérence et la sécurité que procurent les règles.

Lorsque tout est soudainement différent en raison d’une maladie, le maintien des règles en place permet aux enfants de ne pas avoir à deviner les conséquences de leurs actes. N’oubliez pas que la discipline consiste à enseigner, et non à punir.

Un enfant gravement malade a besoin de savoir que certaines choses ne changeront pas et que ses parents continueront à maintenir des limites affectueuses pour le protéger, lui et les autres. Cela ne signifie pas que les règles ne peuvent pas être flexibles – certains jours, vous pouvez autoriser le dessert avant le souper ou une heure de coucher plus tardive – mais celles qui comptent, comme être gentil et ne pas blesser les autres, soi-même ou ses biens, doivent rester les mêmes.

Vos enfants ont l’habitude de compter sur vous pour savoir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. En disciplinant votre enfant, vous lui montrez que vous vous souciez de son bien-être et de ses choix. Vos enfants apprennent ainsi que c’est une chose de moins dont ils doivent s’inquiéter.

De plus, en maintenant les règles en place pendant toute la durée de la maladie, vous n’aurez pas à vous efforcer de les rétablir lorsque votre enfant ne sera plus malade (source).

Quelques conseils pour les familles :

Il faut garder à l’esprit que tout comportement est une communication et que la plupart des mauvais comportements sont le résultat de besoins non satisfaits – souvent le besoin de connexion. Parfois, les enfants sont incapables d’exprimer leurs sentiments et leurs besoins par des mots, mais ils peuvent vous le montrer par leur jeu ou être disposés à parler en participant à une activité avec vous.

Décidez en famille quelles règles sont nécessaires et ne doivent pas être enfreintes. Déterminez les conséquences du non-respect des règles.

Lorsque vous fixez des limites, faites-le doucement mais fermement, sur un ton calme. Rappelez à votre enfant la raison de la règle, par exemple pour éviter que quelqu’un ne se blesse.

Faites preuve de souplesse.

Il y aura probablement des moments où la maladie de l’enfant sera difficile pour tout le monde, mais surtout pour l’enfant. Reconnaissez que cela peut avoir des répercussions sur son humeur et son comportement. De même, comprenez ses nouvelles limitations qui sont causées par la maladie. Si votre enfant a des effets secondaires tels qu’un manque de mémoire, de mobilité, d’audition, etc., tenez-en compte dans l’application des règles.

Soyez proactive.

Surveillez les éléments qui entrainent des réactions chez votre enfant et essayez d’intervenir en le soutenant autant que possible, tout en augmentant les facteurs de protection de l’enfant, comme dormir suffisamment, manger des repas réguliers et passer beaucoup de temps à l’extérieur, si possible. Encouragez votre enfant à identifier et à nommer ses sentiments lorsqu’ils se manifestent, avant qu’ils ne deviennent trop difficiles à gérer.

Concentrez-vous sur le positif.

Reconnaissez les points forts de votre enfant et remarquez s’il se comporte bien. Tout le monde a besoin d’être reconnu et votre enfant appréciera de savoir que vous prêtez attention à ses efforts.

Si des sentiments difficiles ont pris le dessus, la première étape consiste à favoriser la régulation des émotions. Votre attitude calme et bienveillante aidera votre enfant à reprendre le contrôle de lui-même. Ce n’est pas le moment d’exiger des explications, mais un moment de réconfort. Une fois que votre enfant aura géré ses sentiments, il sera dans un meilleur état émotionnel pour vous parler.

 

Suivez ces étapes pour soutenir votre enfant pendant la tempête :

  1. Aidez votre enfant à identifier ses sentiments et à reconnaître ce qui a provoqué sa colère. Vous pouvez le faire en disant quelque chose comme : « Tu ne te sens pas prêt à quitter le parc. Cela te rend triste et en colère de devoir arrêter de jouer avec tes amis. »
  2. Reconnaissez et validez les sentiments. « Cela peut être tellement frustrant lorsque nous devons faire des choses que nous ne voulons pas faire. Je suis désolé que tu te sentes si contrarié. »
  3. Votre enfant peut avoir envie d’affection et vous pouvez lui offrir un câlin tout en lui montrant que vous êtes calme, que vous respirez lentement et que votre visage exprime de la gentillesse. Aidez votre enfant à « ressentir ses émotions » et à reprendre le contrôle en l’encourageant à respirer profondément et à détendre son corps.
  4. Une fois que le système nerveux de votre enfant est régulé, discutez avec lui de ce qui a conduit au comportement indésirable, des sentiments qu’il a éprouvés et des moyens plus appropriés de satisfaire ses besoins à l’avenir.
    « Je comprends que tu étais en colère parce que nous avons dû quitter le parc, mais je ne peux pas te laisser lancer tes jouets. Ils pourraient se casser ou blesser quelqu’un. Quand tu es fâché, viens me parler et nous trouverons une solution ensemble. La prochaine fois, je te donnerai un avertissement avant que nous soyons prêts à partir, pour que tu puisses finir de jouer avant notre départ ».

Vous pouvez également discuter de la conséquence de son comportement au cours de cette étape, par exemple : « Ces jouets seront rangés pour le reste de la journée d’aujourd’hui. Tu pourras les récupérer demain ».

Continuez votre journée et réintroduisez votre enfant dans l’activité qu’il pratiquait avant sa colère ou encouragez-le à trouver une nouvelle activité, surtout une activité dans laquelle il peut réussir.

Remarque : la plupart de ces conseils peuvent également s’appliquer aux frères et sœurs. De nombreux parents se rendent compte qu’ils ont les mêmes difficultés et les mêmes préoccupations concernant la discipline des autres enfants lorsque l’un d’entre eux est malade, mais le réconfort et la sécurité de savoir à quoi s’attendre sont utiles pour tout le monde.

La version orginale du texte en anglais a été écrite avec le soutien d’Ashley Milke du Grief & Trauma Healing Centre Inc. (Centre de guérison du deuil et des traumatismes Inc.)