Marcher le chemin de Compostelle pour une cause

  le 30 mars, 2022

Carol Webster Simmerling et Janet Ross Scott sont de grandes amies et entretiennent leur amitié depuis de nombreuses années. Leurs enfants passaient leurs étés ensemble, et elles passaient souvent du temps dans leurs chalets de la région de la baie Georgienne. Ici, elles jouent un rôle très important dans la communauté.

En 2016, Janet a reçu un diagnostic de tumeur cérébrale. Cette dernière a été découverte aussi soudainement qu’elle était apparue sous la forme d’une crise d’épilepsie. Peu de temps après le diagnostic, Janet a été opérée.

« Toutes les personnes qui connaissent Janet ont été très émues à ce moment-là. Une telle épreuve de la vie est vraiment bouleversante. Janet a quelques années de moins que moi. L’inquiétude était grande pour tous ceux qui pensaient que sa vie était peut-être en danger », se souvient Carol.

Janet Ross Scott est également la principale influence et la source d’inspiration derrière la décision de Carol de créer une collecte de fonds à partir de sa marche sur le chemin de Compostelle.

C’est alors que Carol a été mise en contact avec les sympathiques personnes de la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales.

« J’ai contacté Janet il y a trois ou quatre ans pour lui demander quel groupe ou organisme l’avait le plus soutenue ou aidée depuis qu’elle avait reçu son diagnostic. Je ne savais pas que son équipe médicale les avait mis en relation. Je n’avais jamais entendu parler de l’organisation ; je pensais qu’elle était réservée aux Canadiens atteints de cancer », se souvient-elle.

Le processus a consisté à travailler en collaboration avec les membres du personnel pour rédiger un récit. L’introduction devait servir à lancer un appel à la population afin de susciter l’espoir, d’accroître la sensibilisation et de recueillir des dons par le biais d’un programme ou d’une collecte de fonds.

Elle a pu créer son événement via la page À votre façon, sur le site Web adieutumeurscerebrales.ca, et elle était déterminée à entreprendre son périple afin de soutenir la cause des tumeurs cérébrales en étant entourée d’amour et de soutien.

Depuis le Xe siècle, l’ancien chemin de pèlerinage Camino de Santiago, ou « Chemin de Saint-Jacques », a inspiré des millions de pèlerins. On croit savoir que les ossements de saint Jacques ont été trouvés à l’origine dans une église du nord de l’Espagne, mais qu’ils ont été déplacés vers la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Aujourd’hui encore, de nombreuses personnes suivent ces chemins en quête de croissance et de guérison. La luxuriante côte nord de l’« Espagne verte » abrite des plages et des villages de pêcheurs à couper le souffle au Pays basque, en Cantabrie, dans les Asturies et en Galice.

Son récit de voyage est disponible sur diverses plateformes de médias sociaux. Elle capte l’attention du lecteur en lui faisant découvrir la beauté sublime du nord de l’Espagne à travers ses mots et ses images, qu’il s’agisse de forêts enchantées, de paysages vallonnés, de vergers luxuriants ou de villages pittoresques et animés.

Le 5 septembre 2019, Carol, et sa fille Georgia Simmerling, ont commencé leur randonnée du Camino del Norte à San Sebastian. Quarante-cinq jours et plus de 800 kilomètres plus tard, elles sont arrivées à Saint-Jacques-de-Compostelle, en compagnie de « peregrinos », ou « pèlerins », venus des États-Unis, de Belgique, des Pays-Bas, d’Irlande, d’Allemagne, de Slovaquie, de Pologne et de République tchèque.

Elle est très fière de sa fille, qui a participé quatre fois aux Jeux olympiques, et l’appelle affectueusement « Centurion – sa navigatrice et son entraîneuse personnelle ». Carol était ravie que Georgia ait quitté le voyage après dix jours.

Après avoir gravi le Kilimandjaro en 2012, Carol a saisi l’occasion d’admirer une reproduction publique en plein air de Guernica de Picasso, ou de faire une excursion d’une journée au musée Guggenheim de Bilbao. Pendant ses jours de congé, elle assistait à la messe et explorait les falaises du bord de mer à Santander.

« Il y a du bon dans le fait d’être le capitaine de son propre navire ! »

Carol a également apprécié la solitude de ce voyage. Le terrain de la côte nord de l’Espagne a tendance à être vallonné et rocailleux et peut être intimidant à parcourir. Son optimisme, cependant, a su transformer les montées difficiles en montées significatives.

« C’est plus difficile, c’est plus dur, mais en tant qu’adulte, j’ai commencé à apprécier que si vous mettez de l’énergie dans quelque chose, vous pouvez très probablement y arriver ».

Elle est arrivée bien préparée pour ce voyage, s’assurant qu’elle était équipée de bâtons de marche solides et d’espadrilles HOKA, et elle avait suivi un entraînement intensif. Elle se considère comme très chanceuse : « J’ai eu du beau temps, avec à peine quatre jours de pluie, ce qui est étonnant, car le climat de la côte peut être très pluvieux ».

Bien qu’elle ne parlait que peu l’espagnol et qu’elle ait éprouvé une certaine solitude, Carol terminait chaque journée avec un sentiment renouvelé d’aventure, d’accomplissement et de maîtrise. Elle a fait preuve d’un courage remarquable et a affronté sa peur des hauteurs, lorsqu’elle a traversé le pont de 600 mètres au-dessus d’un estuaire qui relie les Asturies à la Galice. Elle considère cela comme un « test de sang-froid ».

Pour ce voyage, Carol a payé tous ses frais de déplacement et d’hébergement, et tous les dons ont été versés à la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales. Comme elle faisait partie d’un voyage organisé par une entreprise d’excursion qui avait réservé son hébergement, elle a séjourné dans des hôtels simples, marchant avec un léger sac à dos de jour et connaissant sa destination chaque soir.

Elle a pu télécharger l’application « À votre façon » et a pu facilement suivre ses progrès au fur et à mesure que le nombre de dons augmentait de façon exponentielle. « Je trouve l’application très pratique. Celle-ci est utile et si j’ai des questions, le personnel répond toujours rapidement », s’exclame-t-elle.

Carol a remercié tous les donateurs pour leurs contributions faites par le biais de l’application « À votre façon » et a adressé une magnifique carte manuscrite à ses généreux donateurs. Elle se souvient d’un don de 6 500 dollars et a été touchée par le message personnel qui y était joint, car le donateur et ses cinq frères et sœurs ont perdu leur mère à cause d’une tumeur cérébrale.

Ayant récolté plus de 31 000 dollars en parcourant le Camino del Norte, Carol est reconnaissante envers son frère, George Webster, avec qui elle partage une résidence d’été familiale. Elle est profondément touchée par la quantité de dons que sa campagne a reçus de la part des résidents.

« Mon frère vend des propriétés dans la baie Georgienne. George connaît tout le monde là-bas et a contacté personnellement de nombreuses personnes, et il se trouve qu’elles ont les moyens de soutenir ma cause.

Mon frère et l’association ont publié un article dans leur infolettre. Ils ont été incroyablement généreux. J’ai reçu des dons que je n’aurais jamais cru recevoir. J’ai reçu un don d’un couple d’amis que je n’avais pas vu depuis 20 ans. Ils ont trouvé cela inspirant », sourit-elle.

À soixante-six ans, Carol Webster Simmerling a déjà vécu toute une vie d’expériences significatives. Celles-ci se reflètent dans sa carrière de travailleuse sociale au sein d’un ministère à Vancouver, et d’agente de protection de l’enfance.

Après avoir vécu des années à Vancouver, elle a vendu sa maison et déménagé à Calgary pour être auprès de ses quatre enfants et de ses sept petits-enfants. Elle devait faire une randonnée à ce moment-là, « mais l’offre était trop bonne, et il fallait la conclure dans ces six semaines ! ».

Elle aime skier, marcher et passer du temps à l’extérieur avec son Golden Retriever. Elle aime également apprendre, enseigner et pratiquer le yoga.

« J’ai pensé, pourquoi ne pas créer un but, et fixer une intention pour ce voyage ? Pourquoi ne pas entreprendre un projet qui soutiendrait et permettrait d’améliorer la vie des autres, et pas seulement la mienne ? Tout le monde connaît quelqu’un qui a eu une tumeur cérébrale. Il ne s’agit pas d’une maladie obscure, et il y a tellement de Canadiens qui en sont touchés », affirme Carol.

Elle est émue par la gentillesse et l’enthousiasme que l’organisation promeut, grâce à une équipe dévouée de bénévoles, de survivants, de patients, de membres de la famille, de professionnels de la santé et de personnel.

« Janet avait parlé d’eux en termes si élogieux, et de la façon dont ils avaient permis d’améliorer les choses pour elle et ses proches. Je suis impressionnée par ce qu’ils font. Ma relation avec la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales a été très utile », dit-elle.

Carol encourage les gens à prendre des initiatives en leurs insufflant de l’enthousiasme et de la passion : « Les gens sont attirés par cela, et ils trouvent cela inspirant ! Ce fut une expérience formidable et merveilleuse pour moi. »

Au nom de la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales et de la communauté des personnes touchées par les tumeurs cérébrales, Merci, Carol Webster Simmerling !