Une victoire bien au-delà du terrain
Il y a six ans, les médecins avaient averti la famille de Jackson Giddy que l’opération visant à retirer sa tumeur cérébrale risquait de le rendre incapable de marcher.
En juin dernier, ce garçon de 11 ans a foulé la pelouse du Richardson Stadium à l’occasion de l’événement « Grens Tackle Tumour », célébrant non seulement sa passion pour le football américain, mais aussi le chemin parcouru.
Pour Jackson, le football revêt une signification particulière. Après des années de contraintes et de convalescence, chaque match lui rappelle que la détermination permet de surmonter même les défis les plus difficiles.
« Il a une personnalité hors du commun », explique sa mère, Kellie Maw. « C’est un vrai comique et un grand passionné de sport. »
Qu’il s’agisse de baseball, de hockey, de soccer, de basket-ball ou de football américain, Jackson est au comble du bonheur lorsqu’il pratique un sport. Après avoir enfin reçu le feu vert de son équipe médicale, le football américain est rapidement devenu l’une de ses plus grandes passions.
Mais il fut un temps où sa famille ne savait pas vraiment ce que l’avenir lui réservait.
Des changements inquiétants
Alors qu’il n’avait que quatre ans, Jackson a commencé à souffrir de violents maux de tête et de douleurs fulgurantes qui le faisaient s’effondrer au sol.
« Il se recroquevillait et disait : « Ma tête, ma tête » », se souvient Kellie.
Pendant des mois, la famille a cherché des réponses. Ils ont passé Noël à l’hôpital. Jackson souffrait de migraines, de vertiges et de troubles de l’équilibre de plus en plus graves, mais les médecins attribuaient sans cesse ses symptômes à d’autres maladies.
Tout a basculé un jour où son école a appelé pour signaler qu’il se cognait contre les murs et souffrait d’étourdissements. Kellie l’a emmené au centre de consultations externes pédiatriques de l’hôpital Hotel Dieu à Kingston, en Ontario, où la chef du service d’oncologie pédiatrique était justement de garde.
Elle a immédiatement demandé une tomodensitométrie.
Moins d’une heure plus tard, la famille apprenait que Jackson était atteint d’une tumeur cérébrale.
« Prisonnier de son propre corps » 
Après avoir reçu un diagnostic d’astrocytome pilocytique juvénile en janvier 2019, Jackson a été transporté d’urgence par ambulance à l’hôpital SickKids de Toronto, à trois heures de route, pour subir une intervention chirurgicale. La tumeur était située du côté droit de son cervelet, affectant la zone responsable de la motricité.
« Il risquait de devenir, en quelque sorte, prisonnier de son propre corps », explique Kellie. « On nous disait que les risques étaient de 50 % qu’il se retrouve dans cette situation et de 50 % qu’il décède. »
À la suite de l’opération, Jackson a perdu la capacité de marcher. Son côté gauche a été gravement touché, et il a développé une ataxie ainsi que des lésions nerveuses qui ont entraîné un strabisme à l’un de ses yeux.
Mais abandonner n’était tout simplement pas une option pour lui.
« Il n’avait pas l’habitude de baisser les bras », explique Kellie. « Il ne voulait pas être en fauteuil roulant. Il voulait absolument se remettre sur pied, courir et reprendre sa vie normale. »
Grâce à la réadaptation et à la physiothérapie, Jackson a réappris à marcher et a retrouvé son autonomie. Aujourd’hui, il marche sans difficulté, porte des lunettes correctrices et passe ses journées à faire ce qu’il aime le plus :
Le sport.
« Il pratique à peu près tous les sports », raconte Kellie.
Cette passion pour le sport a donné une signification toute particulière à son rôle de SUPERENFANT lors de l’événement « Grens Tackle Tumours ».
Présenté chaque année à Kingston, cet événement rassemble de jeunes adeptes du football pour une journée d’activités qui se termine par le match commémoratif Dale Sands. Les sommes recueillies permettent de financer la recherche et les programmes destinés aux Canadiens touchés par une tumeur cérébrale.
Célébrer le chemin parcouru 
Pour bien des gens, le touché marqué par Jackson a été l’un des moments forts de la journée.
Pour sa famille, il représentait quelque chose de bien plus grand encore.
C’était une célébration de la persévérance, de l’espoir et de la détermination d’un jeune garçon qui n’a jamais cessé de croire qu’il pourrait recommencer à faire ce qu’il aimait tant.
« Si vous lui dites qu’il est incapable de faire quelque chose,